Association pour le Patrimoine et l'Histoire de l'Industrie en Dauphiné

Extrait du compte rendu préparé et diffusé aux membres de l’Aphid par Francis Fournier

 

La visite de l’Ancienne distillerie des Chartreux de Fourvoierie a eu lieu le 16 Juin 2026. Pour cette dernière visite avant l’été, nous étions 33 Aphidiens présents… un record !

Merci à Bernard Sauvageon, en charge de l’association, de son accueil et de ses intarissables explications sur l’histoire de cette distillerie.

Visite Fourvoirie-2026 - illustration 2

Un peu d’histoire…

Notons que le nom du site de Fourvoirie vient de « forrata via », la route percée par les chartreux pour accéder au désert.

La production de la célèbre liqueur de la Grande Chartreuse fut conçue dès 1737 par le père Jérôme Maubec, apothicaire du monastère. En 1862, face à la croissance des ventes, la pharmacie du monastère devient trop petite pour la fabrication et le stockage de l’élixir et des Chartreuses verte et jaune. Une distillerie est alors construite sur le site de Fourvoirie à Saint-Laurent-du-Pont, non loin du monastère. Sa production commence en 1864.

Dans le même temps, Voiron devient également un lieu d’entrepôt des liqueurs. La mise en place de la ligne de train de Voiron à Saint-Béron (VSB) (Chemin_de_fer_de_Voiron_à_Saint-Béron)  permet d’ailleurs le transport des tonneaux et foudres de stockage et de vieillissement.

De 1862 à 1884, un ample programme d’extension est mis en œuvre. L’expulsion des Chartreux en 1903 entraîne le transfert de la distillerie à Voiron et l’abandon des bâtiments pendant trente ans. Avec le retour des Chartreux en 1932 et la création de la Compagnie Française de la Grande Chartreuse, l’activité reprend à Fourvoirie jusqu’au glissement de terrain de 1935 qui détruit les deux tiers de la distillerie, qui sera définitivement transférée à Voiron.

 

Visite Fourvoirie-2026 - illustration 1

La distillerie de Fourvoierie comprenait notamment d’une salle des alambics, d’une chaudière et de mélangeurs, de caves de vieillissement, de locaux de conditionnement et d’expédition, d’un hall et de quais de chargement… et une cheminée caractéristique domine l’ensemble.

Il ne subsiste que le bâtiment des huit alambics, à moitié ruiné, qu’alimentait en vapeur, une chaudière située au sud, et les caves voûtées d’arêtes et à piliers carrés, éléments les plus remarquables de cet ensemble, ainsi que la cheminée de la chaufferie, les bûchers et magasins situés près à l’entrée, en bordure de la route.

Les ruines de la distillerie ont été inscrites en 1993 au titre des Monuments Historiques. Aujourd’hui, l’association « les Oeuvriers de Fourvoirie et du Guiers Mort » travaille à la consolidation des ruines, et un gros projet de développement territorial va être mis en place sur le site.